Saint Expedit: que peut-il faire pour vous?

Alors avant tout, je voulais vous avouer que je ne suis pas catholique, même pas de culture catholique. Ayant été élevée dans le protestantisme calviniste le plus sévère, je n’ai même jamais éprouvé d’attirance particulière pour la religion des « papistes » comme on les nommait dans ma famille.

Mes seules expériences catholiques sont quelques mariages ou enterrements qu’on pourrait compter sur les doigts d’une main. De plus, la vie m’ayant détournée tout à fait du christianisme, je ne m’attendais pas à y « retoucher » même pas du petit doigt…

C’est donc d’une façon très inattendue et presque malgré moi (bien que je ne le regrette pas un instant) que je me suis retrouvée à dresser un oratoire à ce glorieux légionnaire. Je ne saurais décrire sa façon d’agir sans vous raconter mon expérience.

J’ai vécu dans différents pays au cours de ma vie, parfois en Europe, parfois ailleurs. Et si comme moi vous roulez votre bosse sur le globe, vous savez que ça implique un tas de démarches administratives lentes et pénibles incluant demandes de visa, inscriptions aux ambassades, assurances diverses (santé, responsabilité civile…) et si vous avez des enfants: les allocations familiales.

J’ai vécu dans un pays dont Kafka aurait pu s’inspirer, et dans lequel non seulement on prend tout son temps pour vous remplir les formulaires nécessaires, mais, on les remplit de travers ou on omet des informations, ce qui cause des soucis administratifs qu’il faut résoudre, redemander des autorisations à X Y ou Z, et ça peut prendre des mois ou, comme en ce qui me concerne, des années.

Et, en octobre dernier, après 5 ans de galère pour obtenir un de ces fameux formulaires de ce pays dont je vous parle (et que j’ai quitté depuis), et après un énième coup de fil à ces fonctionnaires escargotiques qui ne prennent mes appels qu’entre deux de leurs pauses, j’ai appris qu’ils se donnaient encore trois à six mois pour répondre à ma (mes) demandes…

J’étais plutôt désespérée par ces atermoiements, d’autant plus que ces documents qu’ils tardaient tant à compléter devaient me donner de nouveau accès aux allocations familiales que nous n’avions plus perçues depuis des années. Bref, la cause me semblait insolvable, perdue dans les méandres des administrations de trois pays différents qui attendaient des nouvelles les unes des autres pour enfin débloquer ma situation.

Comme j’avais entendu parler de Saint Expedit à travers un séminaire Hoodoo ainsi qu’à travers le livre d’Athénos Orphée, et que je savais qu’il était réputé pour ses actions rapides, j’ai décidé, sans autre forme de procès, de m’adresser à lui pour résoudre ce problème rapidement.

J’ai donc imprimé une représentation d’Expedit trouvée sur Internet, et arrangé un petit autel de fortune sur un coin de meuble en respectant la procédure recommandée: j’ai formé un triangle avec la « photo », une bougie rouge et un verre d’eau.

(à droite, une photo de l’autel de fortune sur le coin de meuble)

Et ensuite, j’y suis allée un peu au culot. En effet, je n’avais aucun désir, avouons-le, de réciter des Psaumes ou des Notre-Père, et je n’avais jamais récité un Ave Maria de ma vie – je me suis dit: « c’est pas maintenant que je vais commencer… » – j’ai donc zappé les procédures diverses et variées proposées sur le net, et j’ai parlé à Expedit de la façon la plus naturelle possible, sans chichis.

J’avais lu qu’il fallait lui proposer un « deal », une offrande en échange de ses services, et qu’il était friand de pâtisseries et de gâteaux (entre autres).

Je lui ai donc dit quelque chose du genre:

« Expedit, j’ai un gros souci avec la caisse d’allocations. On ne peut plus attendre encore des mois pour résoudre le problème, s’il te plaît, agis et si le résultat se produit dans les trois jours, je te ferai des cookies et je te dresserai un autel plus digne que ce coin de meuble »

Et puis, j’ai continué à vaquer. J’avais un petit souci de dissonance cognitive – moi, m’adresser à un chrétien alors que j’ai tourné le dos à cette religion – mais je me rassurais en me disant: « Expedit n’est pas vraiment catholique, après tout il n’est pas canonisé, même pas bienheureux – c’est au soldat que je m’adresse, pas au Saint à proprement parler… » et puis c’est passé, j’ai pensé à autre chose, la journée s’est terminée, la nuit s’est passée, et le lendemain matin, je ne pensais plus trop à tout cela… sauf qu’à 10h00 environ j’ai reçu le coup de fil le plus étonnant de ma vie.

Oui, vous l’avez deviné, les fonctionnaires nonchalants qui m’avaient encore envoyé promener la veille au téléphone, ont pris la peine de me téléphoner pour m’informer que… le formulaire demandé avait été complété entièrement et renvoyé par courrier. J’ai eu droit à toute leur politesse, gentillesse, à peine si ils ne se sont pas excusés des années de retard.

J’ai failli tomber par terre. J’étais dans un état de grande excitation et Expedit est devenu le sujet de toute ma curiosité et intérêt.

Du coup j’ai fait chauffer la carte bancaire pour me procurer quelques ouvrages, dont le meilleur est sans aucun doute « The Conjurer’s guide to St Expedite » par Denise Alvarado (si vous êtes anglophile, ne dépensez pas vos sous ailleurs, cet ouvrage est celui qui contient les informations les plus complètes et détaillées, qu’il s’agisse des rituels ou de l’histoire et de la culture du grand légionnaire).

J’ai également tenu ma promesse de dresser un autel particulier à Expedit. Depuis, il a accompli d’autres miracles pour moi, le dernier en date étant de ramener mon chat blessé (et qui était parvenu à s’échapper dehors après avoir arraché pansements et points de suture) dans les 10 minutes après ma demande.

Alors, comment faire pour s’adresser à Saint Expedit?

Avec ce que je viens de vous raconter, il est hors de question que je vous explique qu’il faut réciter des prières ou des chapelets, faire des génuflexions et autres. Mon expérience a prouvé que le glorieux légionnaire était accessible à tous.

Cependant, les conseils suivants ne sont pas superflus:

  • La disposition en triangle de l’autel semble importante, avec la représentation de Saint Expedit, le verre d’eau et la bougie rouge. Les auteurs affirment de façon unanime que c’est la meilleure façon de s’adresser à lui.
  • Il faut promettre une offrande en échange du service. Expedit aime les gâteaux (en particulier les quatre-quarts), les fleurs, le rhum, l’eau de source, …
  • Ce que vous avez promis: faites-le ! Sans quoi Expedit pourrait bien reprendre ce qu’il vous a donné. Il a la réputation de ne pas toujours être commode. Déposez votre offrande au plus vite sur l’autel, entre la bougie et le verre d’eau.
  • Adressez-vous avec lui avec le plus grand respect et ne lui demandez pas n’importe quoi. Vous avez à faire à un soldat énergique et combattant, ne prenez pas le risque de l’offenser.
  • Beaucoup de praticiens écrivent leur pétition (leur demande) sur un morceau de papier qu’ils déposent sur l’autel. Je n’ai pas encore testé cela – pour l’instant tout se passe par la prière. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de l’évolution de ma relation avec lui.
  • Le mercredi est un jour particulièrement favorable pour s’adresser à Expedit, cependant, il m’a répondu efficacement et rapidement peu importe le jour où je l’ai sollicité.
  • On s’adresse à Saint Expedit pour des problèmes terre-à-terre et urgents: trouver un emploi, payer une facture, aider à gagner un procès… Il semble que ce ne soit pas l’intermédiaire idéal pour obtenir des grâces spirituelles. Cependant, il suffit d’essayer pour voir…

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